La construction amateur QRP et les ressources du Net



1-Prolégomènes à toute construction amateur QRP future

L’amateur qui envisage la réalisation de transceivers QRP doit d’abord se décider pour un mode de modulation : CW ou BLU, une puissance de sortie HF, une bande de fréquence, compte tenu des conditions de propagation, de la commodité de la bande, de la taille de l’antenne, et choisir entre l’achat d’un kit ou une construction personnelle.

Quelle que soit l’option retenue, l’entreprise ne peut être profitable que si elle s’appuie sur un schéma théorique et un mode opératoire analysés, justifiés et discutés en chacune de leurs parties, ce qui est rarement le cas.

Les quelques kits disponibles, quelle que soit leur qualité, paraissent souvent donner l’occasion aux fabricants d’écouler des stocks de composants dont la production est arrêtée ou dont ils détiennent le monopole : CI, diodes varicap, bobinages en pot, transistors etc, qui pourraient être remplacés par des équivalents plus courants, voire moins cher. Leurs performances semblent parfois surévaluées : une puissance de sortie annoncée de 1 watt, obtenue avec un transistor 2N2222A par exemple laisse perplexe, dès lors que les données du fabriquant Motorola indiquent une puissance dissipée maximale de 625 milliwatts, effet Joule et harmoniques compris.

Mais s’il faut savoir, et non pas seulement croire, avant d’agir, il importe aussi de connaître l’anglais, les ressources documentaires les plus utiles étant en cette langue. Voici un obstacle supplémentaire pour celui qui opte, non pour le kit, mais pour la construction personnelle.

Les précisions qui suivent visent à aider ce type d’entrepreneur dans ses efforts. Elles proviennent d’informations disponibles sur le Web, les sources étant principalement nord-américaines. Elles ont été vérifiées, quand cela était possible, et appliquées dans bien des cas. Leur qualité et leur reproductibilité ont été ainsi reconnues.



2-Quelles fréquences et quelle puissance pour une construction QRP

L’estimation de la portée d’une émission QRP en CW en DX, compte tenu de la puissance de sortie, a fait l’objet d’expériences organisées par le club nord-américain Knightlites sur les bandes des 40 et 80 mètres. Les résultats obtenus sur la bande des 40 mètres sont transposables sur celle des 80 mètres, le bruit de fond étant alors plus important.

Une balise a émis sans interruption, sur 7020 kHz, du samedi 10 au dimanche 11 février 1996, c’est à dire en fin de cycle solaire 22 avec un indice de flux sur 10.7 cm de 70 environ. Elle diffusait alternativement sur cinq puissances : 2 watts, 200 milliwatts, 20 milliwatts, 2 milliwatts et 200 microwatts, avec une antenne dipôle en V inversé. Le site se trouvait à 24 km de Philadelphie-USA, en locator FM29HX. Le message contenait notamment l’indication de la puissance et un mot de code permettant d’authentifier la réception.

L’émission sur 2 watts, déclenchée seulement deux fois chaque quart d’heure, a été captée par 18 écouteurs, éloignés de 26 à 3804 km, ce qui donne un rapport kilomètres par watt allant de 13 à 1902. Celle sur 200 milliwatts l’a été par 28 stations situées entre 26 et 3803 km, soit un rapport km/watt allant de 130 à 19015. Celle sur 20 milliwatts l’a été par 19 stations situées entre 386 et 1761 km soit un rapport km/watt allant de 19300 à 88050, celle de 2 milliwatts l’a été par 13 stations situées entre 494 et 1715 km, soit un rapport km/watt allant de 247000 à 857500, et enfin celle sur 200 microwatts l’a été par 5 stations situées entre 516 et 827 km, soit un rapport km/watt allant de 2580000 à 4135000.

Il semble qu’une première zone de réception s’étende de 500 à 1000 km et une seconde de 1700 à 2100 km, avec une région de silence entre les deux. Ceci pourrait s’expliquer par une propagation par onde de ciel, en deux sauts.

Aucun type particulier d’antenne de réception n’a montré de supériorité sur d’autres. En outre, la stabilité en fréquence de la balise devait être suffisante pour permettre éventuellement une réception sur filtre CW étroit, ce qui suppose un pilotage par quartz.

D’autre part, Jim Larsen, AL7FS, fait état sur http://www.qsl.net/al7fs/AL7FS-ZL1MH.html, d’une liaison bilatérale effectuée avec Mike Hutchinson, ZL1MH sur 14. 060 MHz entre Anchorage, Alaska et Waima, Nouvelle-Zélande, soit 11 216 km. ZL1MH a émis sur 100 mW et AL7FS sur 4.5 mW soit un rapport km/watt de 112 163 et de 2 492 519. Les récepteurs étaient, pour l’un et pour l’autre, un Elecraft K2 et un Kenwood TS450S. Il s’agit d’une réception occasionnelle de signaux émis à intervalles réguliers et non de liaisons reproductibles à volonté.

L’amateur qui souhaite évaluer par lui-même les conditions de propagation peut se mettre à l’écoute de quelques-unes des balises HF réparties sur tous les continents. Leur liste est disponible sur le net, notamment sur le site de G3USF, à l’adresse : http://www.keele.ac.uk/depts/por/28.htm. Elle précise en chaque cas la fréquence, l’indicatif, le locator, la puissance, le type d’aérien, la direction de l’émission, le mode de modulation et le statut horaire. Certaines d’entre elles présentent un intérêt particulier.

La balise aurorale allemande DK0WCY diffuse de Scheggerott, à la frontière danoise, au sud-est de Flensburg près de Kiel, en locator JO44VQ. Elle fait suite aux balises D4WYF2 et D4WYF5, mises en place entre 1942 et 1945 par Herbert Salzmann, qui émettaient sur 80 et 10 mètres à destination des amateurs et d’utilisateurs tels que les forces de la Wehrmacht. Le message CW est diffusé en continu sur 10.1446 MHz, et de 7 heures à 8 heures et de 15 heures à 18 heures UTC sur 3579 kHz, avec une puissance de 30 watts sur antenne dipôle. Il comporte l’indicatif et, toutes les cinq minutes, un compte-rendu d’activité solaire et géomagnétique. Il commence par la séquence : DK0WCY BEACON suivi d’un trait long ou d’une série de points suivis de : AURORA ou STRONG AURORA en cas d’aurore boréale. La séquence se reproduit ou, toutes les cinq minutes, se poursuit par un bulletin présenté sous la forme : INFO suivi de la date et de l’heure UTC à laquelle l’indice géomagnétique a été calculé pour la dernière fois, sachant que le calcul couvre une période de trois heures ; Kiel K suivi de la valeur de l’indice répétée deux fois, éventuellement = NEXT EXPECTED KIEL K suivi de la valeur de l’indice attendu, répétée deux fois lorsque la valeur attendue de l’indice K dépasse 5 ; = FORECASTS suivi de la date de validité des prévisions, puis SUNACT, c’est à dire activité solaire, suivi d’un qualificatif, puis MAGFIELD, c’est à dire champ magnétique, suivi d’un court descriptif ; = la date du jour précédent suivie de R puis de la valeur de l’indice répétée deux fois, de FLUX et son indice répété deux fois, puis de BOULDER A suivi de son indice répété deux fois ; = la date du jour précédent suivie de KIEL A puis de la valeur le l’indice répétée deux fois, enfin AR. KIEL K annonce un indice géomagnétique calculé par le magnétomètre de la station, compris entre 0 et 9 ; R l’indice SSN des taches solaires ; FLUX le flux solaire radio mesuré sur 10.7 centimètres de longueur d’onde à Penticton-Canada ; BOULDER A et KIEL A, des indices géomagnétiques compris entre 0 et 400, calculés à Boulder (Colorado-USA) d’une part, à la station d’autre part ; SUNACT un état qui peut être quiet, eruptive, active ou comporter major flares expected, proton flares expected, warning condition et nil, c'est à dire fin de période d’alerte ; MAGFIELD un état du champ magnétique terrestre qui peut être quiet ou comporter active condx expected, minor storm expected, major storm expected, severe magstorm exp, magstorm in progress, warning condition, nil ; NA signifie non disponible. Le site de présentation de la balise, à l’adresse : http://www.dk0wcy.de/ contient des précisions complémentaires en allemand et en anglais à cet égard. Les aurores boréales donnent l’occasion d’un mode de propagation particulier. Elles sont fréquentes dans les hautes latitudes, mais apparaissent parfois dans la moitié nord de la France. Ainsi, le club d’astronomie de Toussaint, en Seine Maritime, rend compte à l’adresse http://astroclub.net/saturne/toussaint/recit.htm, d’une aurore boréale aperçue le jeudi 6 avril 2000 à partir de 22 heures 30 près de Fécamp. Il comporte en outre un résumé de l’histoire et de la physique de ce type de phénomène.

Les balises de la Northern California DX Fondation (NCDXF) et de l’International Amateur Radio Union (IARU), situées sur les cinq continents, constituent un remarquable outil d’étude de la propagation. Elles diffusent chacune à tour de rôle leur indicatif à raison de 22 mots minutes, puis quatre traits. L’indicatif et le premier trait sont émis sur 100 watts, les trois traits suivants le sont sur 10 watts, 1 watt, 100 milliwatts, soit –10 db à chaque fois. Cette séquence est répétée sur 14.100, 18.110, 21.150, 24.930, et 28.200 MHz. Leur activité est coordonnée de manière à ce que toutes émettent successivement sur une même fréquence selon un cycle de trois minutes. La connaissance de la fréquence et de l’heure exacte, comptée en minutes et en secondes suffit pour déterminer la localisation de la balise. Par exemple, les balises suivantes émettent toutes les 10 secondes à partir de chaque heure sur 14.100 MHz : Nations unies/New York- 4U1UN comme indicatif, Canada/Eureka,Nunavut-VE8AT, USA/Mt Umumhum-W6WX, Hawaii/Laie-KH6WO, Nouvelle Zélande/Masterson-ZL6B, Australie/Rolystone-VK6RBP, Japon/Mt Asama-JA2IGY, Russie/Novosibirsk, non installé -RR9O, Chine/Hong Kong,non installé-VR2B, Sri Lanka/Colombo-4S7B, Afrique du Sud/Pretoria-ZS6DN, Kenya/Kilifi-5Z4B, Israël/Tel Aviv-4X6TU, Finlande/Espoo-OH2B, Madère/Santo da Serra-CS3B, Argentine/Buenos Aires-LU4AA, Pérou/Lima-OA4B, Vénézuela/Caracas-YV5B. Un silence de 10 secondes peut indiquer qu’une balise n’est pas en service. Connaissant les fréquences d’émission des diverses stations, il est aisé de reconstituer le tableau liant les fréquences et les sites. Une présentation détaillée, en anglais, de ces balises est disponible sur le Web, à l’adresse Home page : http://www.ncdxf.org/, rubrique Beacons. Quelques logiciels sont téléchargeables à la rubrique : Programs to Help Beacon NCDXF/IARU Listeners, tels Active Beacon Wizard ++, Beacon-Time Wizard, BeaconClock, DX Monitor, BeSpeak, BeaconSee, DXWatch, BeaconMap ou Baken-TS850. pour ne mentionner que ceux fonctionnant sous Windows 95/98/ME/NT/2000/XP. A l’exception du dernier cité, ils peuvent être téléchargés directement aux adresses : http://www.taborsoft.com/softstuff/, http://www.huntting.com/, http://www.benlo.com/dxmon.html, http://www.alangm2.clara.net/pc.htm, http://sapp.telepac.pt/coaa/, http://hem.passagen.se/sm5ajv/DxWatch/dxwatch.htm, http://www.qsl.net/pa1are/software.html. Le site du NCDXF propose en outre des logiciels fonctionnant sous DOS, Linux/Unix, Palm Pilot, Psion PDA, Window 3.1, OS/2, Microsoft Excel.

Enfin, les transceivers sans commande automatique de gain, construits notamment par les amateurs, restituent un signal non corrigé, reflétant l’état de la propagation. Les appareils à conversion directe sont particulièrement utiles en la matière.



3-Que construire en QRP

L’amateur qui s’engage dans la voie difficile de la construction personnelle doit savoir d’abord, que seule une entreprise réussie peut le faire progresser dans le domaine, extrêmement vaste et vivant, de la connaissance, du savoir-faire et dans l’estime de soi. Les cinq projets suivants, rangés par ordre de difficulté croissante, devraient répondre aux attentes des amateurs débutants ou confirmés, qui souhaitent mener à bien la réalisation d’un ou de plusieurs transceivers QRP réellement utilisables. La langue utilisée, qui est l’anglais, ne devrait pas constituer d’obstacle, les schémas, les plans et les listes de composants étant compréhensibles par tous. Il s’agit pour le CW, du Pixie2, du 49ième, du 2N2/40, de l’Iowa qrp 10 et pour la double bande latérale, la DSB, de l’Optimist 80 qui travaille en phonie. Celle ci est plus agréable que la CW qui par contre est plus efficace pour le DX pour de multiples raisons : utilisation de la classe C dans l’ampli de puissance HF, possibilité d’utilisation de filtres étroits en réception améliorant le rapport signal sur bruit, son écouté sur le segment le plus favorable de la courbe de Fletcher etc.



A-LE PIXIE2

Le Pixie2 tient dans une boite d’allumettes. C’est une version modifiée du Micro-80, mis au point par RV3GM-Oleg BORODIN et décrit dans le numéro 72 de la revue SPRAT, publiée à l’automne 1992. Ces deux appareils, construits à l’origine pour la bande des 80 mètres, sont adaptables à d’autres bandes de fréquences. Ils fonctionnent en CW, full break-in, sans relais de commutation. La partie réception est fondée sur le principe de la conversion directe. Dans les deux cas, un oscillateur alimente continuellement un transistor relié à l’antenne par l’intermédiaire d’un filtre. Ce transistor opère comme mélangeur avec le signal d’entrée lorsque la clef de manipulation est levée et en amplificateur de puissance HF lorsque la clef est abaissée. Un amplificateur BF, qui traite le signal audio en réception, est mis en position mute lors du passage en émission. Le schéma du Micro-80 est disponible à l’adresse internet : http://www.qsl.net/g3pto/micro80.html. Le Pixie2 ne diffère de son prédécesseur que par l’emploi d’un autre type de filtre d’entrée-sortie et par l’utilisation d’un circuit intégré LM386 dans la partie audio au lieu de deux transistors, permettant ainsi l’écoute sur un casque de basse impédance à la place des 1000 ohms minima demandés. Le Pixie2, malgré sa simplicité apparente, est un appareil remarquable et efficace, dont la construction permet l’apprentissage des principaux aspects théoriques et pratiques de la radioélectricité. Il peut être assemblé sur un circuit imprimé, sur une plaquette à trous ou à bandes, en l’air ou selon le procédé de la vache morte, « ugly construction » en anglais. Il peut donner l’occasion de modifications, de perfectionnements, d’expérimentations transposables ensuite sur des appareils plus complexes. Le circuit intégré LM386 peut être remplacé par un LM380, avec une légère modification du câblage, un potentiomètre peut être monté entre l’antenne et la terre afin de réduire les interférences dues aux stations de radiodiffusion, la valeur du condensateur de liaison entre l’oscillateur et l’étage final peut être changée, l’oscillateur fixe peut être remplacé par des oscillateurs variables tels qu’un VXO, un super VXO, un VXO à résonateur en céramique, un VFO ; l’effet une boite d’accord peut être étudié, des transistors tels que des 2N2222 ou des BC547 peuvent être essayés, etc.

Le Pixie2 existe en plusieurs versions. Le site de WE6W propose sur http://www.qsl.net/we6w/text/pixie.html le schéma de base, un dessin de circuit imprimé, un dessin d’implantation des composants, le schéma d’une version améliorée par W1FB, Doug DeMaw, comprenant en plus, un transistor de pilotage de la manipulation, un RIT et un filtre audio de 700 Hertz, et des questions réponses utiles en la matière. Jim Larsen, AL7FS, présente sur son site : http://www.qsl.net/al7fs/, une rubrique relative au Pixie2, complétée d’une liste d’adresses Internet, parfois obsolètes. Cette rubrique peut être consultée directement à l’adresse : http://www.qsl.net/al7fs/AL7FS2.html. Le site japonais : http://www.superbaby.com/jj1slw/otakuchi-e.htm donne la description d’un petit transceiver dérivé du Pixie2, fonctionnant sous trois volts dans la bande des 21 MHz, et appelé Otakuchi, d’après le nom de son concepteur. L’oscillateur, le système de mutig, le filtre HF et l’amplificateur BF ont reçu des améliorations. L’auteur propose par ailleurs sa version du Pixie2, modifiée.

Les schémas des diverses versions peuvent aussi être consultés en passant par les liens mis en place par W1FB03 à l’adresse : http://www.elknet.net/kresl/Bill/hamlink.html ou par d’autres sites d’importance moindres. Le magazine Ondes courtes informations (OCI) a publié dans son numéro 211 de juillet-décembre 2000, un article en français relatif à la construction d’une version du Pixie2 à super VXO. Dans tous les cas, le coût de construction est faible, voire nul pour l’amateur qui récupère ou qui sait remplacer un composant ou un groupe de composants par d’autres.



B-LE 49ième

Le 49ième réunit dans un ensemble compact les éléments essentiels les plus classiques que l’on rencontre actuellement dans la majorité des petits TRX à conversion directe. Il fonctionne en CW, full break in, sans relais, dans la bande des 40 mètres, mais peut être transposé dans d’autres bandes. L’oscillateur est de type VXO, ce qui garantit à la fois une stabilité irréprochable et une plage suffisante de fréquences. Il comprend un circuit intégré NE602, remplaçable par un NE612 ou un SA612, travaillant comme amplificateur-oscillateur-mélangeur d’entrée HF, suivi d’un transistor à effet de champ J310 destiné au muting de la partie BF, construite autour d’un circuit intégré LM380. La partie émission comprend un transistor driver, un transistor de puissance 2N3553 et un filtre de bande commun au circuit d’entrée. Les bobinages sont effectués sur tores Amidon, mais l’emploi de bobinages en pot reste envisageable. Le club Norcal de la Californie du Nord, propose à cet égard un schéma lisible et agréable, et une importante contribution d’amateurs nord-américains à l’amélioration de la version de base. Il est possible de consulter d’abord leur Home page à l’adresse : http://www.fix.net/~jparker/norcal.html, puis la rubrique projects ou d’aller directement au schéma et aux modifications, aux adresses : http://www.fix.net/~jparker/49sch.html et http://www.fix.net/~jparker/49mod.html. Il importe de polariser correctement le transistor de puissance HF de sorte à ce qu’il travaille réellement en classe C, compte tenu de la tension d’alimentation. L’adjonction d’une résistance ajustable de 470 ohms à la place de la résistance de 120 ohms entre la base et la masse paraît à cet égard utile afin de prévenir un échauffement excessif dû à un réglage non souhaité en classe A ou AB. Le circuit HF pourrait être réétudié en liaison avec le filtre d’entrée-sortie afin de disposer d’une puissance d’émission plus importante, le circuit imprimé étant alors modifié en conséquence. Le remarquable petit ampli HF, décrit par Harry Lythall, SM0VPO sur son site : http://hem.passagen.se/sm0vpo/, ou directement à l’adresse : http://hem.passagen.se/sm0vpo/tx/qrp-hf1.htm, pourrait trouver ici sa place. Les expérimentateurs pourront étudier le remplacement du NE602, qui domine actuellement dans ce type de d’appareil, par un autre circuit intégré. Certaines modifications, essayées sur le Pixie2, pourront être transposées sur le 49ième. Le schéma d’une version CMS, nommée SMK-1 et étudiée par Dave Fifield, AD6A, comportant quelques modifications est présenté sur le site : http://www.redhotradio.com/SMK_1.html. L’organisation générale n’est pas fondamentalement modifiée malgré l’emploi de certains composants différents, mais le dispositif de bifurcation vers l’émission ou vers la réception est amélioré. Enfin, le Norcal diffuse sur son site ou à l’adresse http://www.fix.net/~jparker/norcal/smkvfo/smkvfo.htm une modification du SMK-1, proposée par Wayne McFee, NB6M comportant un VFO.



C-LE 2N2/40

Le 2N2/40 est l’un des meilleurs transceiver CW monobande opérant dans la bande des 40 mètres qu’un amateur puisse réaliser actuellement. Son concepteur, Jim KORTGE, K8IQY, a reçu le premier prix du concours annuel de création de transceivers QRP organisé par le Norcal en 1998. Les compétiteurs étaient invités à présenter des projets comportant uniquement des composants discrets, notamment des transistors 2N2222, dont le nombre était limité à 22, à l’exclusion des circuits intégrés. Il a remporté ensuite le premier prix de construction personnelle lors de la Hamvention de Dayton-Ohio-USA, de 1999 pour cette réalisation, ainsi que pour un transverter permettant de l’utiliser sur la bande des 6 mètres. En émission, le 2N2/40, qui délivre 2 watts, travaille en full break in, sans relais, avec une excellente stabilité en fréquence. En réception, il possède une sensibilité de 1 microvolt soit –128dBm, avec un filtre d’entrée de 150 kHz de largeur. Le mélangeur est de type à diodes ; le VFO, commandé par diodes varicap, couvre une plage de 100 kHz, la dérive en fréquence étant inférieure à 200 Hertz. L’amplificateur BF, prévu pour une sortie sur haut-parleur, est un push-pull, précédé par un filtre audio de largeur pouvant varier entre 300 et 700 Hertz. La construction normale s’effectue en 7 modules indépendants, qui s’assemblent pour former un rectangle de 19 cm sur 14 cm environ. Le montage des composants se fait sans circuit imprimé. La technique employée, appelée outre-Atlantique Manhattan style, est celle de petits îlots découpés dans une plaquette cuivrée. Ils mesurent 5 mm de côté environ et sont collés à la cyanolite par exemple, sur une plaque formant plan de masse. Le site de Jim KORTGE, à l’adresse http://www.qsl.net/k8iqy/, propose pour le 2N2/40, un historique et une présentation générale, un schéma d’ensemble, des photos des prototypes, un plan de découpe d’une plaque cuivrée en 7 modules, les plans de construction de chacun d’entre eux, et une liste générale des composants. D’autre part, le site du Norcal : http://www.fix.net/~jparker/norcal.html, contient une rubrique 2N2/40 renvoyant au site de Preston Douglas, WJ2V, http://hometown.aol.com/pdouglas12/page/index.htm, qui propose un plan de construction plus compact, tenant sur une seule plaque cuivrée, ainsi que les plans du filtre et du VFO. Le 2N2/40 pourra être étudié en liaison avec les projets, accompagnés d’informations et d’analyses techniques très détaillées, disponibles sur le site du QRP HomeBuilder, à l’adresse : http://www.qrp.pops.net/. Il s’agit principalement des récepteurs à conversion directe et superhétérodyne décrits aux rubriques : Popcorn Direct Conversion Receiver Main Frame, et 40 Meter Popcorn Superhet Receiver, situées aux adresses : http://qrp.pops.net/popDC.htm et http://qrp.pops.net/popsuphet.htm. Le concepteur annonce enfin sur son site Web, qu’il étudie une version adaptée à la bande des 15 mètres, déjà nommée 2N2/15, dont il présente les premiers éléments.



D-L’IOWA QRP 10

L’Iowa QRP 10 est un transceiver CW full break-in sans relais opérant dans la bande des 10 mètres. Il témoigne d’un souci de concilier une sobriété de conception avec un degré élevé d’élaboration technique et une certaine facilité de construction. Il comprend notamment cinq circuits intégrés, à savoir trois NE602A, un LT1252 et un LM386, deux transistors à effet de champ et deux transistors bipolaires. Il fonctionne en superhétérodyne avec une fréquence intermédiaire soustractive de 3932 kHz filtrée par trois quartz. La fréquence variable est obtenue par un VXO à cristal de 16 MHZ commandé par deux diodes varicap, suivi d’un doubleur de fréquence. La bande couverte s’étend de 28 à 28.060 MHz. La puissance de sortie est de 2 watts 5 pour une impédance de collecteur de 38 Ohms. L’appareil est annoncé en page d’accueil du club Norcal, à l’adresse : http://www.fix.net/~jparker/norcal.html. Les rubriques comprennent une préface de Doug Hendricks, KI6DS à l’adresse http://www.fix.net/~jparker/norcal/iowa10/qrp10.htm et une description détaillé du processus de construction par Chuck Adams K7QO, à l’adresse : http://www.qsl.net/k7qo/iowa.html et par Jim Kortge, K8IQY à l’adresse : http://www.fix.net/~jparker/norcal/iowa10/k8iqyiowa10.htm. Le premier de ces deux derniers sites propose un schéma théorique, dont certaines parties, notamment celle qui concerne le transformateur T4, requièrent des éclaircissements. Celles ci doivent être cherchées dans la partie 1 des notes annexes rédigées par K8IQY. L’IOWA QRP 10 se construit, comme le 2N2/40, sur de petits îlots de plaquette cuivrée collés à la cyanolite sur un plan de masse. Les différentes opérations sont présentées de manière claire et détaillée. Chuck Adams publie un texte accompagné de 79 photos, Jim Kortge un ensemble de notes regroupées en 14 chapitres illustrés de 98 photos. Il convient de travailler devant l’ordinateur connecté aux pages Internet utiles ou en s’aidant de la documentation préalablement sauvegardée ou imprimée à partir du Web. L’architecture de l’appareil comporte quelques parties communes avec le SMK-1, notamment le dispositif de commutation entre l’émission et la réception. Les techniques de construction utilisées peuvent dans ces cas être transférées avec profit. Certains composants, tels les diodes petit signal ou varicap ou le transistor de puissance pourraient être indisponibles sur le marché français. Des diodes 1N4148, des diodes varicap de 470 pF de capacité maximum ou un condensateur variable, des transistors japonais de la série SC par exemple donneraient le même résultat. Le VXO pourrait être transformé en super VXO par l’ajout d’un second quartz monté en parallèle. L’excursion de fréquence serait approximativement doublée, le déport après mélange s’effectuant vers le haut. L’appareil pourrait être facilement adapté à des bandes plus basses. Il conviendrait en ce cas de supprimer le doubleur de fréquence, de modifier les circuits accordés, le filtre final et éventuellement de remplacer certains quartz. Une évolution vers la bande latérale unique ou la double bande latérale peut aussi être envisagée.



E-L’OPTIMIST 80

L’Optimist 80, créé par Johan BODIN-SM6LKM, est un petit transceiver compact et de conception soignée, qui opère en phonie. Il fonctionne sur 1 watt, dans la bande des 80 mètres, en double bande latérale (DSB en anglais). Ce mode de modulation tient le milieu entre l’AM classique et la BLU. La porteuse est supprimée, les deux bandes latérales sont conservées. L’appareil comprend essentiellement un micro dynamique de basse impédance suivi d’un amplificateur opérationnel TL071, un circuit intégré NE612 commandé par deux diodes varicap pour la génération de l’oscillation HF et la démodulation en réception, un circuit intégré LM386 pour l’amplification BF, trois transistors de faible coût mais de fréquence de transition assez basse pour la sortie HF. Ce sont des BD337, BD137 et BD131. Ils sont suivis d’un filtre d’entrée-sortie. Tous les bobinages sont effectués sur tores Amidon. Le concepteur signale que cet appareil, qui transmet dans la plage des 3500 à 3600 kHz, lui a permis de contacter le Royaume Uni, à 1000 km de distance de la Suède, avec une antenne dipôle tendue à trois mètres de hauteur. Johan BODIN propose sur son site : SM6LKM's DIY QRP Corner ou directement à l’adresse http://home4.swipnet.se/~w-41522/qrproot.html, le schéma théorique du transceiver, le dessin du circuit imprimé, le plan d’implantation des composants, la liste des composants et en complément, la description d’un amplificateur linéaire de 4 watts adaptable à l’Optimist 80. Il n’y a pas de présentation technique et pas de proposition de modification. Les documents graphiques ont une taille qui pose quelques difficultés lors de leur tirage sur imprimante. Elles peuvent être surmontées au prix de quelques manipulations. Une adaptation de l’appareil à d’autres bandes pourrait être étudiée, la partie puissance HF pourrait être revue, notamment par l’emploi de transistors présentant une fréquence de transition plus élevée, sachant qu’en HF le gain d’un transistor n’est pas donné par le bêta, qui vaut en courant continu, mais par le rapport : fréquence de transition/fréquence réelle de travail. L’évolution vers la BLU pourrait être envisagée à l’aide des nombreuses réalisations techniques proposées par SM0VPO sur son site : http://hem.passagen.se/sm0vpo/index.htm, notamment sous la rubrique Transmitter projects : A phasing type SSB exciter. D’autre part, le site QRP HomeBuilder : http://www.qrp.pops.net/. déjà cité, contient une description d’un transceiver DSB pour la bande des 75 mètres dont la considération présente beaucoup d’intérêt. La rubrique concernée est : Wee Willy DSB 75 Meter Transceiver, située à l’adresse : http://qrp.pops.net/willy.htm. Les connaissances acquises lors de la construction des appareils décrits précédemment trouveront ici aussi leur utilité.



4-CONCLUSION

Les sujets abordés, les réalisations proposées et les références citées ne concernent qu’une partie du champ du savoir et du savoir-faire envisageable par un radioamateur à partir des ressources du Net. Les antennes ou les récepteurs n’ont, par exemple, pas été mentionnés. Ils constituent cependant un ensemble cohérent d’éléments, choisis de manière à permettre au candidat constructeur d’acquérir progressivement un haut niveau de connaissance, en évitant les difficultés et les pièges. Les transceivers proposés sont efficaces ; ils peuvent être réglés avec un simple multimètre et un récepteur bien étalonné. En un certain sens, ils constituent une refondation de la réalisation amateur dans la perspective de la réussite.



(Version 2. Terminée le 22 octobre 2001) ALAIN MAYEUX F8ANT